L’Idiap et la HEP Valais s’associent pour former les futurs enseignants aux enjeux de l’intelligence artificielle
Alors que l’IA transforme rapidement de nombreux secteurs d’activité, l’éducation se trouve en première ligne de ces changements. Le projet « AI Literacy and Literacy with AI », dirigé par le professeur Daniel Gatica-Perez, responsable du groupe « Social Computing » à Idiap, en collaboration avec le Dr André Freitas, aussi responsable de groupe à Idiap, s’est penché sur la manière dont les futurs enseignants perçoivent, comprennent et utilisent les outils d’IA.
Mené en partenariat avec une équipe de chercheurs et didacticiens en éducation numérique de la HEP Valais, sous la direction de Fabrice Holzer, le projet visait à mieux cerner les compétences liées à l’IA des étudiants et à explorer les moyens d’intégrer ces nouvelles technologies dans la formation des enseignants du canton du Valais. Le doctorant Ravinithesh Annapureddy et l’ingénieure R&D Imen Ben Mahmoud ont également contribué aux travaux de recherche menés par Idiap.
La première phase du projet a consisté à réaliser un état des lieux des connaissances et des usages de l’IA parmi les étudiants de la HEP Valais. Une enquête ainsi que plusieurs ateliers participatifs ont permis d’identifier les principaux besoins exprimés par les futurs enseignants. Parmi ceux-ci figurent une meilleure compréhension du fonctionnement de l’IA générative, le développement d’un regard critique sur la fiabilité des réponses produites par ces systèmes, la compréhension des principes qui les sous-tendent ainsi que l’acquisition de pratiques éthiques et responsables.
Dans un second temps, les équipes ont co-conçu des modules de formation spécifiquement adaptés au contexte de la formation des enseignants. Ces modules ont ensuite été testés auprès des étudiants afin d’en évaluer la pertinence et l’applicabilité dans des situations pédagogiques concrètes. Les travaux se sont appuyés sur l’expertise d’Idiap dans le domaine du traitement automatique du langage naturel et des technologies d’IA générative.
Une dimension pratique a également été intégrée au programme. Les étudiants ont ainsi pu expérimenter un système d’IA agentique destiné à la planification pédagogique, leur permettant de mettre en application les concepts étudiés et de réfléchir à l’utilisation de ces outils dans leur future pratique professionnelle.
« Ce projet a permis à nos deux institutions d’entrer dans un dialogue singulier, tissant des liens durables entre, d’une part, les sciences dites dures et, d’autre part, les sciences sociales et pédagogiques. En des temps où nombre des repères qui nous permettaient d’appréhender le monde paraissent dorénavant inopérants, nos équipes sont parvenues à explorer ensemble une voie encore assez inédite, à la croisée de l’innovation, de la recherche et de l’éducation de terrain. Plus fondamentalement, peut-être, notre collaboration a permis de faire dialoguer des univers qui, trop souvent, évoluent en parallèle plutôt qu’en interaction. Elle a instauré une circulation concrète entre théorie et pratique, entre les concepts que nous mobilisons ou élaborons et les réalités que nous rencontrons en classe, au cœur de nos institutions ou plus largement dans la société. Aujourd’hui, nous sommes convaincus que cette exploration, à la croisée des disciplines, des perspectives et des mondes, doit se poursuivre. Plus encore, nous pensons qu’elle est devenue une nécessité. » partage Frabrice Holzer.
« L’utilisation indiscriminée de l’intelligence artificielle doit être questionnée et faire l’objet d’une réflexion critique. Ce projet a constitué une occasion de collaborer afin d’identifier des besoins réels et d’explorer des usages pertinents des technologies au service de la communauté de la HEP Valais. Nous espérons poursuivre cette collaboration dans un esprit conforme à la mission du Centre pour l’IA participative de l’Idiap» ajoute Daniel Gatica Perez.
Au-delà des résultats scientifiques, le projet a permis de renforcer les compétences des futurs enseignants dans un domaine appelé à prendre une place croissante dans les établissements scolaires. Il a également favorisé l’émergence d’une approche participative de la formation à l’IA, fondée sur les besoins réels des étudiants et les usages observés sur le terrain.
Les travaux ont abouti à la création d’un cadre de formation combinant connaissances fondamentales, réflexion éthique et applications concrètes, offrant ainsi des bases solides pour accompagner l’intégration raisonnée de l’intelligence artificielle dans l’enseignement.
Ce projet a bénéficié du soutien de l’appel à projets interinstitutionnels du Canton du Valais, Département de l’économie et de la formation, Service des hautes écoles.